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Corespondență: Sergiu Al-George – André Padoux

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1967.03.02

Monsieur,

Les deux tirages à part que vous avez eu la grande obligeance de m’envoyer, m’ont finalement rejoint à Francfort, où j’habite maintenant.

Je les ai lus avec beaucoup d’intérêt, notamment „La fonction révélatrice des consonnes”, où vous étudiez sous l’angle scientifique ce que, dans mon travail sur le tantrisme, je n’avais envisagé que dans la perspective métaphysique.

(Je trouve curieux, incidemment, que les grammairiens tibétains rattachent les consonnes au masculin et les voyelles au féminin, à l’inverse du tantrisme hindou – inversion qui semble d’ailleurs être assez générale dans le tantrisme bouddhique.)

En vous remerciant vivement de votre envoi et en vous exprimant mes regrets pour en accuser si tardivement réception.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

André Padoux


1968.03.05

Monsieur,

Merci de m’avoir envoyé votre étude sur „The semiosis of zero according to Pāṇini”.

Je l’ai lu avec attention et beaucoup d’intérêt. Je ne me suis malheureusement pas assez spécialisé dans la grammaire sanscrite, ni dans la linguistique, pour pouvoir discuter de l’aspect proprement technique de votre travail.

Quant au plan philosophique, par contre, je dois avouer que j’ai, moi aussi, été souvent tenté de faire des rapprochements entre la pensée indienne et telle ou telle tendance philosophique moderne.

Mais mes premiers essais dans ce domaine, avaient été si nettement découragés par mon maître Louis Renou, que je ne m’y suis jamais remis. Il m’en est toutefois resté quelque regret: pas assez, certes, pour reprendre un travail de cette sorte, mais suffisament pour lire avec un intérêt tout particulier les travaux que d’autres y consacrent. Il me semble d’ailleurs qu’une approche proprement philosophique de certains aspects au moins de la pensée indienne devrait être pratiquée plus largement que ce n’est le cas jusqu’à présent. Elle donnerait certainement des résultats intéressants. Mais serait-elle fidèle?

Mes recherches personnelles (dans la mesure, hélas limitée, où je peux les poursuivre) se placent, quant à elles, plutôt dans le domaine (auquel votre article fait à un moment allusion) de la „transition from ritual speculation to philosophy”. Là aussi il y aurait intérêt, je crois, à faire ressortir plus qu’on ne le fait d’habitude, les systemes de pensée (dirai-je: la structure?) sous-jacente à la spéculation philosophico-rituelle. Mais qui le fera?

Trouvez ici, je vous prie, Monsieur, avec encore mes remerciements, l’expression de mes sentiments les meilleures.

A. Padoux


1980.01.01

Cher Monsieur,

Merci beaucoup de vos voeux. C’est vraiment gentil à vous d’avoir ainsi penser à nous.

Ce n’est pas que j’aie, quant à moi, oublié d’en faire autant à votre égard. Je dirais: bien au contraire, car je voulais vous envoyer un mot depuis des mois déjà, pour vous dire combien j’avais être heureux de faire votre connaissance, à Weimar après tant d’années òu je ne conaissais que vos travaux. Pour vous annoncer, aussi, l’envoi de 2 livres de M-elle Silburn, qu-elle m’avait remis pour vous, envoi lui aussi, indéfiniment rétardé, mais que je vais veiller à faire ce mois-ci en vous demandant d’excuser tant de … (?).

Je n’aurais pas de mes oeuvres nouvelles à vous envoyer, car rien n’a encore paru de quelques papiers que j’ai pu écrire dans les derniers mois: 1980 sera, j’éspoire, plus favorable. Il … aussi la publication de traduction annotée des Śiva Sūtra, par M-elle Silburn.

Début octobre, j’ai eu enfin, là ainsi l’occasion de faire la connaissance de Mircea Eliade, que j’ai trouvé très afable. Il m’a donné son grand roman „Forêt interdite”, que j’ai lu avec plaisir et intérêt.

J’ai fait, le mois dernier un compte rendu pour sa revue, „History of Religions“, du livre de nos collégues d’Utrecht, T. Srinivan(?) et Mme S. Gupta: Hindu Tantrisme. Il devrait paraître – c’est un „review-article” en anglais, fin 1980.

Hors de cela, je reste toujours occupé par la traduction d’un chapitre du Tantrāloka et par Yoginīhṛdaya: on continue à creuser son sillon…

M. Bounazzoli, de Bénàres confirme que le prochain congrès de Sanskrit devrait effectivement se tenir à Bénarès, l’an prochain y irez-vous? J’irai probablement, mais ce n’est pas certain. D’ici là sans doute aurons-nous l’occasion de vous écrire encore.

Merci encore de vos voeux.

Ma femme se joint à moi pour vous dire les notre meilleurs.

Agréez, je vous prie, cher monsieur, à mon bien cordial souvenir

André Padoux


1980.04.29

Cher Monsieur,

Merci de votre lettre du 9 mars.

L’Institut de Civilisation Indienne vous a envoyé la semaine dernière les „Trois Enigmes” d’A. Minard (le 2 tome), bien entendu, car le 1° est épuisé et introuvable en ce moment. J’y ai joint ma Pārātrīṣikā-laghuvṛtti.

La prochaine publication de cette série sur le sivaisme du Cachemire sera une traduction annotée des Śiva sūtra par Liliane Silburn. Elle ne paraîtra toutefois pas avant 1981, l’Institut voulant faire paraître avant un ou deux volume de M. Sternbach, qui me semble d’un intérêt bien moindre, mais l’I.C.I. doit publier dans tous les domaines de l’indianisme. Plus tard devrait paraître une volumineuse étude sur les „vois de la libération” selon le Tantrāloka d’Abhinavagupta – toujours de L. Silburn – mais il faut d’abord terminer l’ouvrage, puis disposer des fondes nécessaires à l’impression d’un gros livre, ce qui ne va pas de soi par les temps de restrictions actuelles…

Si vous voulez l’adresse de M-elle Silburn, la voici: 29 avenue des Pages, 78110 Le Vésinet.

Eliade, en effet, n’a guère tenu comte du Sivaisme du Cachmire dans ses études, mais il n’est pas le seul dans ce cas, cette école ne commençant guère que maintenant à interésser les chercheures: un Anglais à Oxford, Sanderson, travaille sur le Tantrāloka, un jeune Allemand, de Heidelberg, également l’un et l’autre passent une partie de leur temps au Cachemire même auprés de Lakṣman Joo, ce qui devrait garantir l’exactitude de leurs interprétations. Il y a aussi aux Etat-unis et en Italie (où vient de paraître une traduction des Śivas-sūtra, par R. Torella). Sans parler de l’Inde où vient de publier une bonne étude sur le système Krama: N. Rastogi, the Krama tantricism of Kashmir (chez Motilal, 1979). Tout cela finira donc par être bien connu.

Quant à votre idée de mettre en rélation l’ābhāsavāda et la sculpture de Brancusi, comme c’est interessant! J’espère qu’on pourra lire un jour ce que vous écrirez à ce sujet.

Merci de songer à m’envoyer des tirages à part de certaines de votre études. Je les lirai avec plaisir.

Pour l’histoire de Maitreyî, on ne peut en lire maintenat un résumé – vu du côté d’un des acteurs – dans un des chapitres de „Mémoire, I, 1907-1937 – Les Promesses de l’Equinoxe” qu’Eliade vient de faire paraître chez Gallimard, le mois dernier. Ce récit de sa vie est surtout intéressant pour ceux qui ont connu la Roumanie et les Roumains de cette époque. Mais il est un peu ennuyeux pour les autres, je trouve, sinon par endroits, dont, bien entendu, le chapitre sur son séjour en Inde, mais celui-ci avait déjà paru en partie dans le Cahier de l’Herne.

L’Association Française des Études Sanscrites vient de tenir sa réunion annuelle, où on a parlé de la prochaine World Sanskrit Conference, qui se tiendra en octobre 1981 à Bénarès et la Sanskrit University (pas la B.H.U.) qui seront les hôtes. Nous y retrouveront-nous? En fait, je ne pouvais retourner en Inde d’ici fin 81, pour revoir avec des pandit ma traduction du Yoginīhṛdaya. Mais, en ce temps de hausse des prix du pétrole, les voyages en avion deviennent si couteux qu’il faut avoir un subvention officielle pour pouvoir les entreprendre quand on va si loin. Je vais en démander une, mais l’aurai-je? De toute façon, on ne peut guère, de nos jours, faire des projets à plus d’un an distance: il faut se borner au court terme, comme disent les économistes.

Ne vous excusez pas de la lenteur de votre réponse. Vous repondez au contraire, plus vite que je ne le fais, alors que je n’ai pas, sans doute, les mêmes raisons que vous pour ne pas écrire aussitôt. Je souhaite de tout coeur que rien ne vienne vous géner dans vos travaux que vous …(?) dans votre existence.

Ma femme se joint à moi pour vous dire notre meilleur souvenir.

Agréez cher Monsieur à mes sentiments le plus cordiaux

André Padoux


1980.12.18

Cher monsieur,

J’ai laissé passer bien des mois depuis votre lettre du 30 mai: m’excuserez-vous? Tout cela a été l’effet de la paresse estivale, d’abord, puis des soucis (sans gravité, mais absorbants) de la rentrée, puis j’ai voulu vous envoyer un tirage à part de mon article sur les nyāsa, paru dans le B.E.F.E.O., qui tardait, précisément, à paraître, puis, que sais-je encore…: les paresseux des raisons de ne rien faire, n’est-ce pas?

Ce tirage à part, je vais vous l’envoyer séparément cette semaine ou au début de janvier. L’Institut de Civilisation Indienne (ou sera-ce le diffuseur, de Boccard?) va, de son côté, vous faire tenir un exemplaire de la traduction des Śivasūtra (avec la Vimarṣinī de Kṣemarāja) par M-elle Silburn, qui vient de paraître, avec beaucoup de retard elle aussi, si bien que non seulement l’Indien Jaideva Singh, mais aussi l’Italien R. Torella, ont eu le temps d’en publier avant elle une traduction. J’ai lu ces trois ouvrages et ai conclu (pour le Journal Asiatique) que la traduction idéale aurait certains éléments de celle de Jaideva Singh, le texte de M-elle. Silburne et les notes de Torella: la perfection n’est pas de ce monde…

Je n’ai rien publié d’autres, cette année, que cet article sur le nyāsa, rédigé en fait en 1978. D’autre petits écrits attendent le bon vouloir des imprimeurs. En février paraîtra l’éditon de ma thèse à l’usage du grand public – ce n’est du travail de recherches, mais la correction des épreuves m’a pas mal occupé ces derniers mois. Quant au reste, je suis toujours plongé dans le Yoginīhṛdaya, dont la traduction n’est pas toujours facile. C’est un texte dont on pourrait tirer beaucoup de matière sur les rites hindous „tantriques” ou non. J’en tirerai la substance de quelque papier, je pense, en 1981 – 82, j’espère. Je suis, de ce point de vue, plus occupé d’éfficacité symbolique (puisque c’est l’explication à la mode chez nous) que de structures symboliques, encore que l’une ne fasse guère que refléter en quelque façon les autres. Mais l’explication véritable du comportament rituel est difficile – l’homme est sans doute un animal ritualiste…

Je ne sais trop, à propos de structures symboliques, que penser de votre idée de faire remonter la synthèse symbolique coeur-espace-esprit-lumière (qu’on retrouve souvent dans le Yoginīhṛdaya, au fait) au g veda et à kratu. Ce dernier, même s’il siége dans le coeur, me parait correspondre à autre chose: l’intention, le projet, l’efficience. Mais je suis très ignorant du Veda. Cela dit, quand on cherche une origine à bien de notions hindous, on arrive souvent à s’aperçevoir qu’elle étaient en germe dans Veda. Il y a là une continuité assez extraordinaire. C’est pourquoi, par exemple, je ne crois beaucoup à l’influence fondamentale du „substrat autochtone” dans l’apparition du tantrisme. Certes, il a dû jouer un rôle. Mais les structures essentielle restent, je crois, dans la lignée du Veda – jusqu’à preuve du contraire, du moins. C’est un point où je m’écarte un peu de M. Eliade.

Je n’ai pas revu ce dernier cette année. J’avais essayé de le joindre en septembre à Paris, mais il est bien défendu contre tous les visiteurs par sa femme, que je ne suis pas arrivé jusqu’à lui. Je n’avais, il est vrai, rien de bien intéressant à lui dire, alors autant ne pas le déranger.

Et vous, cher Monsieur, que devenez-vous et que publiez-vous de nouveau? Je serais heureux d’avoir de vos nouvelles: mon silence n’est pas dû à l’indifference, croyez-le.

Puisque la fin de l’année approche, je vous dis ici tous nos voeux les meilleurs pour Noël et pour l’année nouvelle: pour celle-ci on dit aussi bonne que possible!

Ma femme se joint aussi à moi pour vous dire notre de bon souvenir.

Agréez, je vous prie, à mes bien cordiales pensées.

André Padoux


1981.06.16

Cher Monsieur,

Merci beaucoup de m’avoir envoyé „Maitreyi” et votre livre Limbă și gândire în Cultura Indiană.

Nous nous sommes aussitôt mis au premier de ces ouvrages – que vous aviez si gentiment pris la peine de faire si bien relier – et nous l’avons découvert avec quelque fascination, tant le récit passionné de cette vielle dame est – à défaut, du moins en anglais, d’un oeuvre littéraire achevée quelque chose d’étrange. Nous sommes vraiment contents de l’avoir lu grâce à vous: c’est vraiment charmant à vous de vous être rappelé ce que vous nous aviez dit à Weimar.

Quant à votre introduction à la sémiologie indienne, elle est là devant moi comme le festin de Tantale: en dehors de „The Semiosis of zero in Pāṇini”, que vous m’aviez envoyé naguère en tirage à part, votre travail me reste fermé. Certes, un Français peut essayer de deviner le sens général d’une phrase roumaine, mais si approximativement! Alors que votre pensée est riche et précise et votre sujet important et délicat. Il faudrait donc pouvoir vous suivre attentivement, ce qui m’est impossible. J’en suis désolé. Pensez-vous qu’une traduction française ou anglaise en paraitra un jour? Je l’espère très vivement.

Vous avez, je crois, envoyé ce livre aussi à M-elle. Silburn. Avez vous, de votre côté, bien reçu sa traduction annotée des Śivasūtra que de Boccard devait vous envoyer? Il a dû vous l’expédier en mai.

M-elle Silburn conserve une activité réduite, mais elle progresse dans son travail sur la kuṇḍalinī, comme dans son étude des „voies de la liberation” (Upāya) selon le Tantrāloka. Le premier de ces travaux sera, je pense, terminé l’an prochain. L’autre est un peu lié à ma propre activité, qui est assez détournée de ce sujet en ce moment puisque c’est le Yoginīhṛdaya qui m’occupe. J’ai lu un „papier“ sur ce sujet à Oxford il y a quelque jours et relève maintenant soigneusement tout ce que je n’y comprend pas – ce n’est pas peu … afin de tâcher de me la faire expliquer en Inde, où je devrais aller, en principe, vers la fin de l’année.

La petit réunion d’Oxford d’où je reviens était consacrée au Sivaisme, notamment celui du Cachemire, aux „écoles” Kula et Krama, etc.: il y là-bas un jeune indianiste,

Alexis Sanderson, extrêmement brillant, qui a découvert au Népal des manuscripts, très intéressants et importants, de textes qu’on croyait perdus. Il les déchiffre et les étudie et s’apprète ainsi à bousculer beaucoup d’idées reçues sur ces questions.

B.K. Matilal. Le spécialiste du nava-nyāya, a parfois assisté à nos réunions, mais son domaine est trop subtil pour moi!

Savez-vous qu’a récemment paru à Paris (Gallimard) un livre d’Adrian Marino sur l’herméneutique de Mircea Eliade, traduit du roumain, qui avait, je crois, été publié en Roumanie. Il me l’a donné, mais je n’ai pas encore trouvé le temps de la lire: cet été, peut-être.

Je conserve le projet d’aller en Inde à l’automne, si rien ne s’oppose, et notamment d’être à Bénarès fin octobre pour la „Vth, World Sanskrit Conference” et un colloque sur Abhinavagupta. Mais ce projet se réalisera-t-il? Pensez-vous y aller? L’Inde, certes, est loin et les billets d’avion sont chers.

Ma femme et moi espérons en tout cas que nous aurons le plaisir de vous revoir dans un avenir pas trop lointain. Nous serions heureux d’avoir de vos nouvelles.

Tous les deux nous vous remercions encore de votre envoi et vous disons notre meilleur souvenir.

Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes cordiales pensées.

André Padoux


1982.03.29

Madame,

C’est vraiment avec une grande tristesse que j’ai appris la disparition de votre mari. Votre lettre qui, curieusement, m’est arrivée en même temps qu’un mot d’Arion Roșu me faisant part de la même nouvelle m’a causé un choc et une peine véritable.

Si j’avais, en fait, rencontré relativement peu souvent Sergiu Al-George, j’étais en correspondance avec lui depuis longtemps et surtout nous avions très vivement sympathisé de notre premier contact, à Weimar, en 1979. Sa gentillese, son intelligence, sa culture, m’avaient enchanté. Nous avions pu revoir à Varanasi en octobre dernier, pendant le congrès d’études sanskrite pas assez longuement à mon fait, mais assez pourtant pour avoir eu quelques conversations intéressantes. J’espèrais d’ailleurs le revoir à quelque autre occasions et poursuivre ainsi nos entrétiens – hèlas, il n’en sera rien.

Sans doute est-ce une consolation bien petite, bien sûr, de penser qu’il aura eu, dans ces derniers temps, la joie de ce voyage dans ce pays qui l’intéressait tant. Nous y étions arrivés le même jours et je vois encore parcourant ensemble le passsage dans l’autobus qui nous menait de l’aeroport à la ville de Varanasi.

Rentré ici en février, j’avais trouvé le tirage à part de son étude sur Brancusi et l’Inde – j’avais remarqué qu’il n’avait rien écrit dessus et que l’envoi ne paraissait pas venu de lui même – mais sans songer, évidemment à m’inquiéter. Cette étude est très riche et … par beaucoup de travail en retard après 3 moins en Inde. Je n’avais pas le temps de le lire tout de suite avec toute l’attention qu’elle aurait mérite. Je l’avais remis à plus tard, et cette … donc là, dans mon …, attendant le … où je pourrais m’y consacrer, puis le lire alors à son auteur. Je voudrais aussi lui écrire ces jours-ci parce que je venais de lire dans le 2-ème volume, récemment paru en français, des Fragments d’un journal, de Mircea Eliade, trois pages (datant de 1973)le concernant et touchant aussi l’épisode passé de la vie d’Eliade dont il nous avait parlé à Weimar (il nous avait d’ailleurs fréquemment envoyé la photocopie reliée de livre de Maitreyi). Hèlas, voilà autant de choses que je ne ferai pas!

Au moins est-ce une bonne nouvelle que celle de la prochaine traduction allemande de sa dernière oeuvre Archaique et Universel (j’espère que j’aurai le … venu, savais où elle aura paru) et celle de la prochaine édition française de Langage et pensée dans la culture indienne, ouvrage que j’avais beaucoup regretté de ne pas pouvoir lire en roumain. Son oeuvre, ainsi, continuera à être connu elle le mérite au delà des frontières roumaines. La contribution de Sergiu Al-George, en effet, dans le domaine très spécial et difficile de l’herméneutique de la pensée de l’Inde, est de tout premier ordre. C’est un chercheur éminent qui a disparu.

Pour moi, c’est aussi et surtout un collègue auquel me liaient des sentiments de grande estime et d’amitié véritable.

Ma femme aussi, qui avait fait sa connaissance à Weimar, avait beaucoup apprécié son charme, sa courtoisie, son … souriante – ce ne sont pas choses si fréquents…

Je peux donc vous avouer en notre noms à tous adieux que nous partageons très sincèrement votre peine.

C’est avec beaucoup de tristesse que je vous prie de bien vouloir trouver ici Madame, l’expression de mes respectueux hommage et de ma profonde sympathie.

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