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Corespondență: Sergiu Al-George – Giusepe Tucci

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1967.03.14

Monsieur le Professeur,

Il y a quelques jours, je me suis pris la permission de vous envoyer mon article „The semiosis of zero according to Pāṇini”, pour une eventuelle publication dans la revue de votre Institut.

Je sais et je l’avoue que mon article peut apparaître, sous un certain biais, hardi, par le fait de confronter dans l’exégèse pāṇinéenne les schémas d’intelligibilité du monde archaique et celle du structuralisme contemporain. J’aurais du, peut-être, expliciter, plus que je l’ai fait, le réalisme épistemologique qui approche Pāṇini de la pensée archaique et du structuralisme; c’est à vous de juger sur ce point comme sur le reste de mon étude.

Par le même courier je viens de vous envoyer trois extraits de mes articles, afin de les soumettre, aussi, à votre haut jugement.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de mes sentiments les plus distingués et dévoués.

Sergiu Al-George


1967.04.03

Cher Professeur,

J’ai reçu avec grande plaisir vos extraits „Pūrṇa Ghaṭa et le symbolisme du vase dans l’Inde”, „Le sujet grammatical chez Pāṇini” et „La fonction révélatrice des consonnes chez les phonéticiens de l’Inde antique”.

Vos ouvrages m’ont beaucoup intéréssé, et j’en apprécie la valeur tout autant que votre courtoisie.

Veuillez bien agréer l’expression de ma consideration la meilleure, et mes remerciements renouvelés.

(Giuseppe Tucci)


1967.04.08

Monsieur le Docteur,

Je viens de recevoir, avec le plus grande plaisir, l’article „The semiosis of zero according to Pāṇini”, et vous en remercie beacoup. Il s’agit vraiment d’une étude de valeur, que j’ai bien appréciée, et dont je vous félicite vivement; ne doutez pas que je serais heureux de la faire paraître aussitôt possible dans notre revue East & West. Merci tout aussi bien pour m’avoir fait tenir trois extraits de vos articles, qui m’intéressent au plus haut degré.

C’est avec plaisir que je saisis cette occasion, pour m’enquérir s’il est possible pour nous de recevoir des publications roumaines, portant sur l’archeologie et l’orientalisme, sur la base d’un échange régulier, à établir avec notre revue East & West, dont vous avez peut-être connaissance. Vous m’obligeriez en me faisant savoir à qui nous pourrons nous adresser dans ce but, visant à une intensification des échanges culturels entre nos pays, dans le domaine d’études et de recherches qui nous intéressent tout particulièrement.

Avec mes remerciements renouvelés, je vous prie de croire à ma consideration la meilleure.

(Giuseppe Tucci)


1967.05.08

Monsieur le Professeur,

Je vous remercie vivement pour votre lettre (n. 1140). La haute apréciation qu’elle renferme au sujet de mon étude „The semiosis of zero according to Pāṇini”, représente la plus grande satisfaction dont on peut s’attendre après la rédaction d’un travail.

J’ai différé jusqu’aujourd’hui ma réponse, parce qu’il était dans mon intention de résoudre entièrement le problème de l’échange des publications dont vous avez exprimé votre intérêt. Chez nous, il n’y a qu’une seule revue d’orientalisme („Studia et Acta Orientalia”), qui dès son apparition (1958) à été l’objet d’un échange régulier avec votre revue East and West; après un hyatus de trois années, elle va reprendre sa parution vers la fin de cette année. M. le professeur A. Rosetti s’est montré disposé pour un échange, en vous offrant la Revue roumaine de linguistique. En ce qui concerne l’archéologie, je serai en mesure de vous répondre aprés le retour du professeur D. Pippidi qui se trouve à l’étranger.

Au sujet de mes études, je veux vous1 soumettre mon opinion que la pensée linguistique de l’Inde, ne comporte pas seulement un intérêt d’ordre historique mais qu’elle fait preuve aujourd’hui, tout comme au XIXme siècle, de la même actualité. Dans une communication que j’ai préparée en vue du Xme congrès international des linguistes (Bucarest, 28 août – 2 sept. 1967) sous le titre L’Inde antique et les origines du structuralisme, je souligne la signification profonde du fait que la linguistique indienne est née en marge de la spéculation ritualiste, chose qui explique son orientation d’emblée structurale de l’acte symbolique rituel, qui est un acte expressif; on accède aux catégories les plus universelles de l’expression, on découvre les structures qui sont celles des zones abyssales de la conscience. L’application des abstractions tirées de l’analyse du symbolisme ritualiste à des faits d’ordre linguistique, constitue en fait l’inverse du chemin parcouru par l’analyse structurale du mythe, telle que l’a préconisée N.C. Lévi-Strauss. C’est un problème qui me semble extrêmement fécond et digne d’une étude plus approfondie.

Veuillez agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de ma reconnaisance et de mes sentiments les plus distingués et dévoués,

(Sergiu Al-George)


1967.06.05

Monsieur le Docteur,

votre aimable lettre du 8 Mai passé m’a fait grand plaisir, et je vous remercie vivement.

J’accepte volontiers votre intéressante proposition d’établir un échange de publications entre notre revue et la Revue Roumaine de linguistique, et je vous fais partant expédier le dérnier numéro paru, N.S., Vol. XVI, 1/2. Vous m’obligerez en me faisant savoir, au retour du Prof. Pippidi, les accords que l’on peut établir dans le domaine des études d’archéologie.

J’ai été bien intéressé par vos vues en ce qui concerne la pensée linguistique de l’Inde, et je formule mes voeux pour le Xéme Congrès international de Bucarest, qui pourra sans doute contribuer au développement des études de linguistique, grâce aux savants qui prendront part. Veuillez pour le moment agréer remerciements renouvellés, auxquelles j’ajoute l’assurance de ma considération la meilleure, et de ma sincère estime.

Giuseppe Tucci


1967.06.09

Monsieur le Professeur,

C’est à peine maintenant que je suis en état de répondre à votre aimable offre d’échanger la revue de votre Institut, contre nos revues d’archéologie. J’ai du attendre le retour de l’étranger de M. le Professeur D. Pippidi qui a apprécié avec un vif intérêt la perspective de l’échange.

Chez nous paraissent deux revues d’archéologie: l’une rédigée entièrement en langues étrangères, „Dacia, revue roumaine d’archéologie et d’histoire ancienne” (nouvelle série depuis 1957) et l’autre, „Studii clasice“ (depuis 1958), renfermant aussi maints articles en langues de circulation internationale. Dans l’éventualité que vous seriez disposé pour l’échange avec l’une de ces revues ou avec toutes les deux, je serais trés heureux, après avoir connu votre choix, d’en faire les démarches respectives.

En attendant votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de ma plus haute considération.

Sergiu Al-George


1967.07.10

Monsieur le Docteur,

je vous remercie vivement de votre aimable lettre du 9 Juin passé, et de la proposition que vous avancez pour établir un échange de publications entre nos Instituts.

Nous prenons intérêt soit à la Revue Dacia, (nouvelle série depuis 1957) soit à Studii clasice, et auront plaisir à recevoir les deux publications en échange de notre East & West.

Je vais donner les dispositions nécessaires pour l’envoi de notre revue, année 1966, Vol. XVI, 1-2 et 3-4, en souhaitant que dorénavant l’échange se poursuive régulièrement.

Veuillez remercier le Prof. Pippidi pour l’intérêt qu’il prend à ces démarches, et agréer l’assurance de mon estime la meilleure.

(Giuseppe Tucci)


1967.08.01

Monsieur le Professeur,

Je répond avec un certain délai à votre lettre du 10 juillet (no. 2054) parce que M. le Prof. D. Pippidi, à qui je devais faire part de votre aimable offre, était parti à l’occasion des vacances; j’ai reussi, en fin, à lui communiquer votre réponse finale.

Je suis heureux d’avoir mené à bonne échéance les démarches pour assurer cet échange des revues, et d’avoir contribué ainsi, si peu qu’il soit, à l’élargissement des relations culturelles avec l’Italie.

Veuillez agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de mes sentiments les plus distingués et dévoués.

Sergiu Al-George


1967.12.22

Monsieur le Professeur,

Aprés avoir reçu les extraits de mon article, je veux vous renouveller mes remerciments et donner expression à la joie que m’a donnée le bon accueil trouvé chez vous. Pourtant je considére que je dois vous remercier pour davantage, car la publication de mon article dans votre revue ne représente qu’un dernier chainon dans la suite plus longue d’obligations que j’ai contracté envers vous. Une grande personalité scientifique marque sa présence créatrice non seulement par ses travaux, mais aussi par les destinées qu’elle met en branle. Vous avez vos élèves dont vous avez décidé la carrière; quoique je n’ai pas la chance d’en être, ma destinée a été pourtant – d’une certaine manière – également sous votre signe. Pour ma part, je n’aurais jamais eu le courage de m’en engager dans la philologie indienne, si dans mon adolescence, lorsque la culture indienne s’offrait à moi comme sens de la vie, je n’avais été enhardi par votre exemple. Dans le journal indien de Mircea Eliade (Șantier, Bucarest, 1930) qui était mon livre de chevèt dans celle période critique de la vie, j’ai trouvé un fascinant portrait évoquant votre travail pendant le séjour à l’université de Dacca. C’est là que j’ai découvert l’extraordinaire tension qu’on peut atteindre au cours du travail. Plus tard, chaque fois, lorsque, défaillant, je sentais le besoin de me rehausser, je revenais pour relire – quoique le sachant par coeur – le portrait du jeune savant qui avait émerveillé le Bengale par la manière élégante dont il parlait le sanskrit, qui ne dormait la nuit que deux ou trois heures et qui, au cours de traduction directe, à haute voix, des textes de logique du chinois en sanskrit, jettait son poignard dans la porte, chaque fois qu’un mot lui venait à manquer.

Puisque je me range parmi ceux qui, à votre insu, vous doivent tant, veuillez pardonner cette confession ayant pour but d’expliciter la gratitude complexe que je vous garde.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de mes sentiments les plus distingués et dévoués.

Sergiu Al-George


1968.03.01

Cher Monsieur,

Votre très aimable lettre du 22 décembre passé a été mise de côté par mes collaborateures, pour que je puisse y répondre directement, à mon retour d’Asie. C’est avec regret que je vois combien de temps s’est écoulé depuis que vous m’avez écrit, mais cette année mes missions scientifiques m’ont occupé plus que d’habitude, et je n’ai pu rentrer avant ces jours.

Vos paroles, en vérité trop flatteuses, m’ont sincèrement touché, et je vous remercie, tout en vous assurant que nous aussi, je veux dire les hommes d’étude plus âgés qui ont dédié toute leur vie à la recherche orientaliste, nous sommes redevables aux plus jeunes savants, tel que vous. Vous nous avez suivi dans notre chemin ardu, et votre jeune enthousiasme et votre sincère attachement sont la récompense la meilleure pour les sacrifices que nous a coûté notre inlassable dévouement à la recherche scientifique.

J’aurais été très heureux si la chance avait voulu que vous soyez au nombre de mes véritables élèves, mais je suis aussi bien content de savoir que, à mon insu, je vous aie encouragé à poursuivre les études de philologie indienne. Je vous félicite pour les résultats que vous avez atteint, et je souhaite vivement que la collaboration culturelles déjà établie entre nous, en échangeant East & West avec la Revue Roumaine de Linguistique puisse non seulement se poursuivre, mais s’étendre dans le futur, pour notre avantage réciproque.

Avec l’assurance de mon estime très cordiale,

Giuseppe Tucci


1968.08.28

Cher Monsieur,

je viens de recevoir, avec grand plaisir, votre étude sur „Indriya et le sacrifice des prāṇa”, qui m’a beaucoup intéressé.

Je vous remercier pour votre souvenir constamment amical, et à la veille de mon départ d’Europe, je vous fais parvenir mes voeux les meilleurs pour vos activités scientifiques, dont je vous suis obligé de me tenir au courant.

(Giuseppe Tucci)


1969.02.22

Monsieur le Professeur,

Je me suis pris, pour une seconde fois, la permission de vous envoyer un article („Sign lakṣaṇa and propositional logic in Pāṇini”), pour une eventuelle publication dans la revue de votre Institut.

Ce n’est pas sans une certaine crainte que j’ose soumettre cette étude à votre haut jugement, puisque en discutant la structure de l’anumāṇa par rapport à la logique des propositions, j’ai abordé ce problème sans connaître votre point de vue là dessus; la lecture de quelques de vos travaux – dont je dispose à Bucarest – n’a pas reussi à me tirer de mon embarras.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de mes sentiments les plus distingués et dévoués,

(Sergiu Al-George)


1969.04.27

Monsieur le Professeur,

L’invitation de prendre part au XXIme Congrès International de Sinologie que vous avez eu la grande obligeance de m’envoyer me fait une grande honneur et à la fois me remplit de bonheur. J’aurais l’intention d’y présenter une communication sur la grammaire traditionelle tibétaine ayant le titre „La syntaxe tibétaine dans la double perspective des catégories pāṇinéennes et port-royalistes”.

Pourtant, ma participation au Congrès de Senigallia se heurte à des obstacles d’ordre financier. Vu que les possibilités de chez nous en ce qui concerne les échanges m’empêchent de remplir les conditions financières stipulées par la lettre circulaire no. 1, je vous serais très redevant et tout reconnaissant s’il était possible de trouver une solution pour être invité sur le compte des organisateurs du Congrès, voire autre modalité.

Je profite de cette occasion pour vous demander si vous avez reçu ma lettre et mon étude „Sign (lakṣaṇa) and propositional logic in Pāṇini” que je vous ai envoyé le 23 février 1969.

Veuillez agréer, Monsieur le Professeur, l’expression de mes sentiments les plus distingués et dévoués.

(Sergiu Al-George)


1970.08.25

Dear Dr. Al-George,

I thank you very much for your courtesy in sending me three offprints of your works, and notably your book of poems translation, Imnuri Vedice. It betokens your kind remembrance, which I very cordially requite, and I am glad to be able to thanks you personally, before my departure for Asia, which is taking place in a few days.

As always, I have been interested by your writings, testifying to your wide learning and clarity of views, and I congratulate you on your scholarly works. With my best wishes, and cordial regards,

Yours sincerely,
(Giuseppe Tucci)

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